Je rêve d’une exposition de rêves d’expositions.

Je m’explique.

Je rêve souvent que je vais au musée, et je suis sûre que je ne suis pas la seule.

Quel serait le top 3 des musées qu’on visite la nuit, bien après les nocturnes ? Les expositions temporaires de la saison ont-elles le temps de faire irruption sur nos oreillers ? Ces rêves sont-ils apaisants ou bien y fait-on face à des espaces surchargés de visiteurs, à traverser cinq minutes avant leur évacuation ?

Mon inconscient a tranché : c’est le Palais de Tokyo que je préfère. Peut-être parce qu’il s’agit du premier espace d’art que j’ai découvert à mon arrivée à Paris en 2010. D’ailleurs, comme beaucoup de choses en rêves, c’est faux : le Palais de Tokyo a rouvert en avril 2012.

Je pense qu’il a gagné sa place dans ce hit-parade personnel grâce à son architecture, qui se module à l’infini. Dans mes rêves, les cimaises sont immenses, la vue sur Paris imparable, les œuvres sublimes (mais j’aurais bien du mal à les décrire). Il se confond souvent avec le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, son pendant parfait mais pourtant si différent, où j’étais en stage à l’été 2014.

En général, je rêve que je dois repasser le bac, que je vais rater l’avion, ou que je suis poursuivie par une force maléfique. Mes rêves de musées sont des moments de répit, et je les vis comme de vraies expériences esthétiques, même si elles s’évaporent au réveil.

Je ne sais pas à quoi ressemblerait cette exposition de rêves d’expositions. Peut-être qu’il y aurait des dessins, des installations, des vidéos. Peut-être qu’il n’y aurait rien. Rien d’autre que des chaises longues dans lesquelles s’allonger, et rêver…

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→ Plume freelance, Renée Zachariou est “spécialisée sur les formats longs, avec une appétence particulière pour les sujets tech et environnement. Renée est aussi autrice de fiction (Mœdium publié en 2026 par Mnémos) et éditrice de l’infolettre Chaussettes de soirée.


{ Article publié dans le n°165 de l’infolettre Muzeodrome - le 3 juillet 2026 }